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50 rue de Rennes
Au-dessus de cette porte qui se trouve au numéro 50 de la rue de Rennes, dans le 6ème arrondissement, on trouve une fresque représentant un Dragon. Il a été réalisé en 1732 par Paul-Ambroise Slodtz, et représente le dragon de Sainte-Marguerite. Il ornait un portail monumental qui donnait accès à la cour du Dragon, un ouvrage classé monument historique en 1920... mais tout de même détruit en 1935 pour laisser la place à un immeuble en béton, qui héberge maintenant une grande surface. La fresque du dragon originale se trouve au musée du Louvre.
Gérard Durand ajoute que", pour la rue, l'événement le plus considérable du siècle est la construction, de 1730 à 1735, de la cour du Dragon, sorte de H.L.M. pour artisans, à l'emplacement de l'Académie du Sieur de Longpré. La cour avait pour propriétaire Madame Crozat. La cour du Dragon s'ouvrait alors sur la rue de l'Egout face à la rue Sainte-Marguerite (rue Gozlin). En effet, la rue de Rennes n'a été percée qu'en 1866 entre la rue de Vaugirard et l'actuelle rue Guillaume-Apollinaire. Quelques années plus tard, une issue fut créée au n°7 de la rue du Sépulcre (devenue du Dragon) ouverte au 15ème siècle. Deux médecins habitaient ici, en 1788, l'un faisait tous les matins un traitement gratuit des ulcères anciens et des maladies cancéreuses et l'autre distribuait contre trois livres la poudre capitale remède souverain contre les maux de tête. A la révolution, les quelques échoppes de la cour étaient alors tenues en majorité par des marchands de ferraille ainsi que des tôliers, chaudronniers et plombiers. Durant les« trois glorieuses » (juillet 1830), ces derniers devinrent les fournisseurs de nombreux émeutiers en barres de fer et autres objets utiles au combat de rue. Le percement de la rue de Rennes et l'élargissement du boulevard Saint-Germain (1866) ouvrent davantage le quartier. A la fin du siècle, la cour du Dragon devient une curiosité. Les amateurs du vieux Paris viennent y voir picorer les poules dans un décor inchangé depuis 150 ans. Dans une niche, une statuette de la Vierge passe pour miraculeuse. Le 15 aoùt, toute la cour la fleurit. C'est devant cette statue que viennent prier les charpentiers de Paris. En 1900, ces échoppes étaient toujours tenues par des marchands de ferraille : grilles de parcs et de châteaux, fabrique de lits de fer, chaudronniers, poêliers. La cour abrite alors cent 80 familles, environ 400 personnes. La cour vieillit comme ses habitants. La porte, sur la rue du Dragon, est fermée vers neuf heures, celle de la rue de Rennes à minuit. Les boutiques ferment les unes après les autres. La cour devient silencieuse. C'est le refuge des chats abandonnés. La démolition de la cour commence en 1934. On décide pourtant de sauver la porte monumentale et le dragon. Pendant vingt ans, la cour démolie reste à l'état de terrain vague envahi de plantes sauvages. En 1955, le portail est démonté pierre par pierre et on essaye de sauver le dragon. Il tombe en morceaux. On les recueille et on les porte dans les sous-sols du Louvre." . Visitez la boutique de Gérard Durand qui se trouve aux 75-77 rue du Bac, ou sur Internet, ici. Vous y trouverez une section dédiée à l'histoire de la rue du Bac !
Les photos ont été prises ici. Vers 1910 - décembre 2008 |