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Rue Hautefeuille
L'origine du nom de la rue Hautefeuille et son impasse, toutes deux situées dans le 6ème arrondissement, est incertaine. Elle est mentionnée dès 1252, et semble avoir été bordée d'arbres hauts, comme en attestent des textes décrivant la pratique du jeu de paume par les religieux sous « de hautes feuillées ». Au 17 de la rue est né Charles Baudelaire, en 1821, dans une maison qui n'existe plus.
Gérard Durand ajoute que "les origines de la rue Hautefeuille remontent au 12ème siècle. Dans les années 1840, cette rue paisible résonnait cependant, chaque jour, des rires et des discussions orageuses de quelques amis au tempérament révolutionnaire, réunis dans la brasserie Andler située vers le milieu de la rue : Vallès, Jules Ferry , André Gill, Gambetta , Courbet, les peintres Corot, Hanoteau, Pradier, Decamps, Daumier, le philosophe Wallon, les critiques d'art proches de ses convictions, Théophile Sylvestre et Castagnary, pour ne citer que les plus célèbres. La salle de cette brasserie était en forme de boyau, long et obscur. Une brasserie tenue à la façon allemande : bière, choucroute, jambon. On y mangeait d'abord et ensuite on s'y livrait à des beuveries mirifiques entrecoupées de conversations à gilet déboutonné et de chansons à gorges déployées. Courbet habitait rue Hautefeuille et y avait également son atelier. En 1863, Courbet délaisse cet établissement pour la brasserie des Martyrs et laisse une ardoise de 3000 francs qu'il devra payer par la suite d'un jugement du tribunal. Courbet fut arrêté, le 7 juin 1871, pour avoir« déboulonné la colonne Vendôme ». Il s'était caché derrière son lit mais un accès de toux le fit repèrer et saisir : »Vous êtes arrivés à temps, ricana simplement l'artiste, je me faisais vieux là -dedans !... Inutile de me mettre les menottes, je vous suis sans résistance ». Il fut alors conduit à Versailles au milieu des cris d'une foule menaçante. Aussi, craignant pour sa vie, il s'écria :« j'ai démoli votre colonne, eh bien je la paierai !“ Sa condamnation se limita à six mois de prison et 500 francs d'amende, une peine très légère dans un jugement rendu lors de cette époque sanglante.". Visitez la boutique de Gérard Durand qui se trouve aux 75-77 rue du Bac, ou sur Internet, ici. Vous y trouverez une section dédiée à l'histoire de la rue du Bac !
Les photos ont été prises ici. Vers 1910 - mars 2008 |