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Angle rue Mazarine et rue de Buci
Le temps semble avoir eu bien peu d'emprise sur ce quartier (6ème arrondissement) et plus précisément le carrefour de Buci. Les modifications du paysage urbain sont bien plus prononcées au bout de la rue de l'Ancienne Comédie, en face sur les photos, qui aboutit au boulevard Saint-Germain. La carrefour de Buci, ainsi nommé en l'honneur de la rue de Buci qui s'ouvre à droite, ne change que par les véhicules passés de quatre pattes à quatre roues, les jupes devenues pantalons. Les passants se risquent tout autant à traverser le carrefour qu'au début du 20ème siècle...
Gérard Durand ajoute que "Sauval s'est trompé en disant que cette rue portait le nom de Saint-Germain dès 1209 : elle n'existait pas encore à cette époque. On commeça seulement à bâtir des maisons dans cette rue en 1351. On y comptait que dix bâtiments en 1388 et on l'indiquait alors sous le nom de rue qui tend du pilori à la porte de Buci. Ce pilori, dont cette rue avait pris le nom, était situé au carrefour où elle aboutit. Il parait que ce fut un droit accordé à l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés par la charte de Philippe-le-Hardi, du mois d'aoùt 1275, d'avoir un pilori en cet endroit. Dès 1523, on la nommait rue de Buci. En 1555, on commeça à la paver. Elle tire sa dénomination de Simon de Buci, premier Président au Parlement de Paris en 1341, qui acheta en 1350 la porte Saint-Germain à laquelle il donna également son nom.
VOici un fragment du poème de Jacques Prévert intitulé« La rue de Buci maintenant », écrit en 1942, publié dans« Paroles » en 1946.
(...) et la misère debout fait la queue aux portes du malheur aux portes de l'ennui et la rue est vide et triste abandonnée comme une vieille boite au lait et elle se tait. Pauvre rue qui ne veut plus qui ne veut plus rien dire pauvre rue dépareillée et sous-alimentée on t'a retiré le pain de la bouche on t'a arraché les ovaires on t'a coupé l'herbe sous le pied on t'a rentré tes chansons dans la gorge on t'a enlevé ta gaieté et le diamant de ton rire s'est brisé les dents sur le rideau de fer de la connerie et de la haine et les gosses du quartier ne sortent plus de chez le boulanger souriants en mangeant la pesée..." Visitez la boutique de Gérard Durand qui se trouve aux 75-77 rue du Bac, ou sur Internet, ici. Vous y trouverez une section dédiée à l'histoire de la rue du Bac ! Les photos ont été prises ici. Vers 1910 - Mars 2007 |