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Au Lapin AgileAu Lapin Agile

20/06/2008 @ 12:00:00 - Aucun commentaire.
 Au Lapin Agile
Ce cabaret situé sur les hauteurs de Montmartre, rue des Saules juste à côté du vignoble, dans le 18ème arrondissement. Son histoire débute à sa construction en 1795. Il devient une auberge en 1860, baptisée « au rendez-vous des voleurs », puis le « Cabaret des Assassins » en 1869. Le caricaturiste André Gill peint en 1880 un lapin sortant d'une casserole. Le cabaret prend naturellement pour nom « le lapin à Gill », puis le « lapin agile ». Cette enseigne est toujours présente sur la façade, protégée par une vitre. Mais il s'agit d'une reproduction, l'original a été volé en 1893 ! Gérard Durand ajoute que, "au 4 rue des Saules, ouvert en 1860 sous le nom de « Au Rendez-Vous des Voleurs », ce cabaret prend ensuite l'enseigne de « Cabaret des Assassins » lors de sa décoration liées aux crimes de Troppmann. Puis, en 1880, le dessinateur André Gill illustre la façade d'un lapin sortant hilare, d'une casserole avec une bouteille à la patte. Les habitués appelleront alors l'endroit, alors devenu un « beuglant » et nommé « Ma Campagne » : le « lapin à Gill »... Artistes, écrivains, et bohèmes s'y bousculaient : Alphonse Allais, Courteline, Caran d'Ache, Verlaine, Renoir, Forain... Il fut repris par Aristide Bruant en 1903, qui le confia à Frédéric Gérard dit « Frédé » qui en fit le rendez-vous le plus célèbre de la butte. Aristide Bruant (1851-1925) vécut au 30 de la rue Saint-Vincent, avant la première guerre, durant la grande époque montmartroise. « A cette époque préhistorique », écrit Max Aghion qui l'a bien connu, « les attractions ne foisonnaient pas sur la Butte. On en comptait tout juste trois : un dancing, « Le Moulin de la Galette », un cabaret, « Le Lapin Agile » et un restaurant, « La Mère Catherine ». Public de jeunes, venus là pour s'amuser : boniches, petites mains, vendeuses, rapins du quartier, employés de banque et de magasins. On y dansait des valses, des cake-walk, des javas, des matchiches, et le prix des consommations, bolée de vin rouge, cerise à l'eau-de-vie ou café crème, ne dépassait guère 10 sous ». Au Lapin Agile, parmi les artistes qui ont rendu l'endroit immortel il faut citer Guillaume Apollinaire, Francis Carco, Max Jacob, Mac Orlan etc. En 1925, Frédé officie toujours, mais pour lui le client doit être un ami, aussi il n'accepte que la clientèle de ceux qui peuvent le devenir. Bonne cuisine bourgeoise. Avant la grande guerre, « il y a trente ans », écrit Max Aghion, « la Butte n'était encore qu'un village ignoré des touristes et même de beaucoup de Parisiens. C'est que les cochers de fiacre, pour ne pas fatiguer leur cocotte, refusait obstinément de grimper la rue Lepic ou la rue Saint-Vincent. Quant à l'omnibus, le fameux place Pigalle-Halles aux Vins, il avait déjà du mal à se hisser jusqu'au haut de la rue des Martyrs grâce à un cheval de renfort attelé en flèche et à des pelletées de sable, que l'on jetait devant la lourde guimbarde pour rendre la pente moins glissante ». A l'angle de la rue des Saules se trouve le clos des vignes de Montmartre, création récente réalisée en souvenir des nombreux vignobles de la butte. Comme le rappelle justement Jacques Hillairet : « le vin de Montmartre avait la réputation de faire sauter comme une chèvre, il devait être aussi quelque peu diurétique puisqu'un dicton du 17ème siècle disait de lui : c'est du vin de Montmartre. Qui en boit pinte en pisse quarte. La pinte valait environ 0,93 litre et la quarte, 67 litres! » . Visitez la boutique de Gérard Durand qui se trouve aux 75-77 rue du Bac, ou sur Internet, ici. Vous y trouverez une section dédiée à l'histoire de la rue du Bac !

Les photos ont été prises ici.

Vers 1910 - janvier 2008

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